lundi 2 novembre 2015

Pourquoi une telle fascination pour les méthodes d'organisation personnelle ?
Pourquoi tout ce temps passé à lire des articles, classer des sites en favoris, tester des méthodes ?


Nous vivons des vies trop rapides, comparativement à nos parents d'il y a encore 50 ans. Leurs vies étaient certainement culturellement moins riches, assurément financièrement moins riches. Ils avaient moins de soucis, moins d'intérêts. Dans notre civilisation des loisirs, nous sommes obsédés par l'idée de bien employer notre temps, de laisser parler notre créativité, de nous réaliser. Nous sommes la proie de rythmes soutenus - qu'ils nous soient imposés et que nous nous les imposions. Alors nous avons l'illusion que tout cela n'est qu'une question d'emploi du temps, de planification, de compartimentation.

Dans le même temps nous rêvons devant les récits de ceux qui ont "tout débranché" un jour pour partir faire le tour du monde pendant un an, qui ont choisi l'école à la maison, qui s'engagent dans des mouvements dits "alternatifs" (comme le courant ?). Et nous nous gardons bien d'en faire de même : peur du saut dans l'inconnu, peur de l'insécurité financière, peur d'avoir un mode de vie trop différent de celui des autres.

Nos victoires sont minces : pas de voiture ; pas d'activités extra-scolaires ; le téléphone éteint le week-end. Cela nous procure l'illusion que nous maîtrisons quelques moments personnels.

Pour ma part, je me trouve en ce moment débordante d'intérêts, d'envies, de projets, et dans l'incapacité de faire le tri entre eux. La priorité se fait seule, peut-être pas comme elle devrait. Je planifie, crée des listes de choses à faire, et ensuite, rien, pendant des mois parfois. Mes bonnes résolutions tombent vite à l'eau. Je me trouve velléitaire. A quel point suis-je victime de l'époque, à quel point suis-je responsable de mes trop gros appétits ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire